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Cours rédigé par Claude, une IA d'Anthropic, pour mes révisions de L1, à partir de mes notes de cours : il s'adresse donc à moi (« tes notes », « ta prof »).

Fonctions élémentaires, semestre 1 — remise à niveau

Géométrie et trigonométrie, depuis le tout débutPour comprendre tes notes du premier cours, pas pour les réciter.

On part du point et de l'angle, on arrive au cercle trigonométrique et aux valeurs remarquables. Rien n'est considéré comme évident : si une notion de collège manque, elle est expliquée ici.

0Mode d'emploi

Ce cours est long, et c'est voulu : tu rattrapes en une semaine des notions étalées sur plusieurs années de collège et de lycée. Il est construit comme un escalier. Chaque partie s'appuie sur les précédentes, donc si tu sautes une marche, tu trébucheras plus haut.

Comment travailler

  • Crayon et feuille obligatoires. Redessine chaque figure à la main. C'est en traçant que ton cerveau enregistre ; lire passivement donne l'illusion de comprendre.
  • Les questions « Vérifie-toi » en fin de partie : réponds par écrit avant d'ouvrir la réponse. Chercher, même sans trouver, c'est là que tu apprends.
  • Rythme conseillé : jour 1, parties 1 à 3 ; jour 2, parties 4 et 5 ; jour 3, parties 6 et 7 ; jour 4, parties 8 et 9 ; jour 5, partie 10, relecture de tes notes et premiers exercices.
  • Code couleur dans tout le cours : cosinus en bleu, sinus en rouge, angles et tangente en vert.

Tes 16 blocages, et où trouver la réponse

Sommaire

  1. Les briques de base
  2. Triangles et quadrilatères
  3. Le cercle et π
  4. Le repère
  5. Pythagore et Thalès
  6. Cercle trigonométrique et radian
  7. Cosinus, sinus, tangente
  8. Les valeurs remarquables
  9. Fonctions et périodicité
  10. Au-delà de π/2
  11. Relecture de tes notes
  12. Ta feuille d'exercices

1Les briques de base

Avant de construire une maison, on apprend ce qu'est une brique. Ici, les briques s'appellent point, segment, droite et angle.

1.1 Point, segment, droite, longueur

Un point est une position, sans épaisseur : imagine la pointe d'un crayon infiniment fine. On le nomme avec une lettre majuscule : A, O, M…

Avec deux points A et B, on peut fabriquer trois objets différents, chacun avec sa notation. C'est important, parce que ta prof va passer de l'un à l'autre sans prévenir :

NotationSe litCe que c'est
[AB]« le segment AB »Le morceau de ligne droite qui va de A à B. Un début, une fin.
(AB)« la droite AB »La ligne infinie qui passe par A et B, prolongée sans fin des deux côtés.
AB« la longueur AB »Un nombre : la distance entre A et B.

Tes notes contiennent les trois : « projeté orthogonal de M sur (OI) » parle d'une droite, « OH = x » parle d'une longueur. Relis-les avec cette grille, elles deviennent déjà plus claires.

1.2 L'angle

Un angle, c'est l'ouverture entre deux demi-droites qui partent d'un même point, appelé le sommet. Pense à une paire de ciseaux ou à une porte qui s'ouvre : l'angle mesure de combien c'est ouvert, peu importe la longueur des lames.

On le mesure d'abord en degrés (°). Par convention, un tour complet vaut 360°. Pourquoi 360 ? Pas pour une raison mathématique profonde : c'est un héritage des astronomes babyloniens. 360 est proche du nombre de jours dans une année, et il se divise par énormément de nombres (2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12…). C'est un choix humain. Garde cette idée : elle expliquera pourquoi les mathématiciens ont inventé une autre unité, le radian.

aigu (< 90°) droit (= 90°) plat (= 180°)
Le petit carré signale un angle droit. C'est un symbole universel : tu le verras dans toutes les figures.

Les repères à connaître : l'angle droit vaut 90°, un quart de tour (le coin d'une feuille) ; l'angle plat vaut 180°, un demi-tour (il forme une ligne droite) ; le tour complet vaut 360°. Un angle plus petit que 90° est dit aigu ; entre 90° et 180°, il est obtus.

1.3 Perpendiculaire

Deux droites sont perpendiculaires quand elles se coupent en formant un angle droit. On écrit (d) ⊥ (d′). Tu en as sous les yeux en ce moment : sur ta feuille de cours, la marge rouge verticale est perpendiculaire aux lignes horizontales.

1.4 Nommer un angle : la règle de la lettre du milieu

Dans tes notes, tu écris des choses comme OĤM = 90° ou HÔM = 45°. Le chapeau se place sur la lettre du sommet, qui est toujours celle du milieu.

Réflexe : lis OĤM comme « l'angle en H ». Et quand on dit qu'un triangle est « rectangle en H », cela veut dire que son angle droit est en H.

1.5 La somme des angles d'un triangle vaut 180°

À retenir

Dans n'importe quel triangle, les trois angles additionnés font toujours 180°.

À faire pour de vrai

Découpe un triangle dans une feuille, peu importe sa forme. Déchire ses trois coins et pose-les côte à côte, pointes réunies. Ils forment une ligne droite : un angle plat, 180°. Deux minutes, et tu ne l'oublieras jamais.

Ce résultat sert deux fois dans tes notes (démonstrations de π/4 et de π/3) : si tu connais deux angles d'un triangle, tu trouves le troisième par soustraction.

Vérifie-toi (partie 1)
  1. Dans la notation HÔM, quel est le sommet de l'angle ?
    Réponse
    O : c'est la lettre du milieu, celle qui porte le chapeau.
  2. Un triangle a un angle de 90° et un angle de 45°. Combien vaut le troisième ?
    Réponse
    180 − 90 − 45 = 45°.
  3. Quelle différence entre [OI], (OI) et OI ?
    Réponse
    [OI] est un segment, (OI) une droite infinie, OI une longueur (un nombre).

2Les triangles et les quadrilatères

Trigonométrie veut dire, en grec, « mesure des triangles » (tri = trois, gônia = angle, metron = mesure). Il faut donc connaître les triangles comme ta poche. Trois familles jouent un rôle dans tes notes.

2.1 Le triangle rectangle

Un triangle rectangle est un triangle qui possède un angle droit. « Rectangle en A » : l'angle droit est au sommet A.

ABC hypoténuse côté de l'angle droit côté de l'angle droit
L'hypoténuse est toujours en face de l'angle droit, et c'est toujours le plus long côté.

Le côté situé en face de l'angle droit s'appelle l'hypoténuse. C'est toujours le plus long des trois. Les deux autres sont simplement « les côtés de l'angle droit ».

Image mentale

Une échelle posée contre un mur. Le mur est vertical, le sol horizontal : ils forment un angle droit. L'échelle, c'est l'hypoténuse, et elle est forcément plus longue que la hauteur qu'elle atteint sur le mur.

Pourquoi ce triangle compte autant ? Parce que toute la trigonométrie est construite sur lui : le théorème de Pythagore ne marche que dans un triangle rectangle, et c'est là que cosinus et sinus sont nés.

2.2 Isocèle et équilatéral

Un triangle isocèle a deux côtés de même longueur. Le mot vient du grec iso (même) et skelos (jambe) : « deux jambes identiques ». Le sommet où se rejoignent les deux côtés égaux est le sommet principal : « isocèle en A » veut dire que c'est A.

Un triangle équilatéral a ses trois côtés égaux (équi = égal, latéral = côté). Ses trois angles sont donc égaux aussi, et comme ils font 180° au total, chacun vaut 180 ÷ 3 = 60°.

ABC isocèle en A 60°60°60° équilatéral
Les petits traits (qu'on appelle des « codages ») signalent des longueurs égales. Un équilatéral est un cas particulier d'isocèle.

La propriété qui va te servir

Dans un triangle isocèle, les deux angles « à la base » sont égaux (les arcs verts de la figure). Et la réciproque est vraie aussi : si un triangle a deux angles égaux, alors il est isocèle, donc il a deux côtés égaux.

C'est exactement l'argument de ta démonstration de π/4 : le triangle a deux angles de 45°, donc il est isocèle, donc deux de ses côtés sont égaux.

2.3 Le quadrilatère

Un quadrilatère est une figure fermée à quatre côtés (quadri = quatre, latère = côté). Carré, rectangle, losange, trapèze sont des quadrilatères particuliers ; un cerf-volant tordu en est un aussi.

quelconque rectangle carré
Trois quadrilatères. Le rectangle a quatre angles droits ; le carré a en plus quatre côtés égaux.

Un rectangle est un quadrilatère avec quatre angles droits. Ses côtés opposés sont égaux deux à deux.

Dans tes notes

Ta prof écrit : « le quadrilatère OHMK a 3 angles droits, c'est donc un rectangle ». Pourquoi trois suffisent ? Les angles d'un quadrilatère font toujours 360° au total (coupe-le par une diagonale : tu obtiens deux triangles, et 2 × 180° = 360°). Si trois angles valent 90°, le quatrième vaut 360 − 270 = 90° : il est droit lui aussi. Et comme les côtés opposés d'un rectangle sont égaux, on obtient OH = KM et HM = OK.

2.4 Médiatrice, hauteur et « pied »

La médiatrice d'un segment [AB] est la droite qui coupe [AB] en son milieu et perpendiculairement. Deux conditions à la fois : au milieu, et à angle droit.

ABIP médiatrice de [AB] PA = PB
La médiatrice passe par le milieu I de [AB], à angle droit. Tout point P de la médiatrice est à égale distance de A et de B.

Image mentale

Deux amis habitent en A et en B. Ils cherchent un point de rendez-vous où chacun marchera exactement la même distance. Tous les points possibles forment une ligne : la médiatrice de [AB].

Deux mots voisins apparaissent dans tes notes. La hauteur d'un triangle issue d'un sommet est le segment qui part de ce sommet et tombe perpendiculairement sur le côté opposé. Le point où elle « atterrit » s'appelle son pied. Dans un triangle équilatéral, la hauteur tombe pile au milieu du côté opposé : hauteur et médiatrice sont confondues. C'est la clé de la démonstration de π/3.

Vérifie-toi (partie 2)
  1. Où se trouve l'hypoténuse d'un triangle rectangle ?
    Réponse
    En face de l'angle droit. C'est le plus long côté.
  2. Un triangle a deux angles de 45°. Que vaut le troisième, et que peux-tu dire de ses côtés ?
    Réponse
    Le troisième vaut 180 − 45 − 45 = 90° : le triangle est rectangle. Deux angles égaux, donc il est aussi isocèle : les deux côtés de l'angle droit sont égaux. C'est un « triangle rectangle isocèle », la moitié d'un carré.
  3. Pourquoi un quadrilatère qui a trois angles droits est-il forcément un rectangle ?
    Réponse
    Ses angles font 360° au total ; 360 − 3 × 90 = 90°, donc le quatrième est droit aussi.
  4. Quelles sont les deux conditions qui définissent la médiatrice de [AB] ?
    Réponse
    Elle passe par le milieu de [AB], et elle est perpendiculaire à [AB].

3Le cercle et le nombre π

3.1 Cercle, centre, rayon, diamètre

Le cercle de centre O et de rayon r est l'ensemble de tous les points situés exactement à la distance r du point O. Pas un peu plus, pas un peu moins : exactement r.

Image mentale

Une chèvre est attachée à un piquet par une corde de longueur r. Elle tourne autour en gardant la corde bien tendue : le chemin qu'elle trace est un cercle. Le piquet, c'est le centre. La corde, c'est le rayon. C'est aussi exactement ce que fait ton compas : la pointe est le centre, l'écartement est le rayon.

O rayon r diamètre = 2r
Tous les rayons (en pointillés) ont la même longueur r : c'est la définition même du cercle.

Le mot rayon désigne deux choses : le segment qui relie le centre à un point du cercle, et sa longueur r. Le diamètre est un segment qui traverse le cercle en passant par le centre : sa longueur vaut deux rayons, d = 2r.

Petite nuance : le cercle, c'est seulement la ligne (le chemin de la chèvre). La surface à l'intérieur s'appelle le disque. En trigonométrie, on travaille sur le cercle.

3.2 Ce que π représente vraiment

Tu sais que π ≈ 3,14. Mais π n'est pas un nombre tombé du ciel : c'est un rapport.

À retenir

Pour n'importe quel cercle, si tu divises la longueur de son tour (son périmètre) par son diamètre, tu obtiens toujours le même nombre : π ≈ 3,14159…

Une pièce de monnaie, une roue de vélo, l'équateur de la Terre : petit ou gigantesque, le tour mesure toujours « un peu plus de 3 diamètres ». Ce « un peu plus de 3 », fixe et universel, on l'a baptisé π, la lettre grecque « p » (comme périphérie).

d 1 d2 d3 d π × d ≈ 3,14 d le tour de la roue, déroulé sur le sol
Déroule le tour d'une roue sur le sol : il mesure un peu plus de 3 fois son diamètre. Exactement π fois.

Expérience à faire ce soir

Entoure un verre ou une canette avec une ficelle, marque le tour, mesure-le. Mesure ensuite le diamètre. Divise. Tu tomberas sur environ 3,1. Tu viens de mesurer π de tes mains.

Conséquence directe : périmètre = π × diamètre = π × 2r, qu'on écrit P = 2πr. C'est le « P = 2πR » de ta page 1.

Pour un cercle de rayon 1, retiens ces trois longueurs. Elles sont la fondation de tout ce qui suit :

Portion du cercle de rayon 1Longueur exacteEnviron
Le tour complet2π6,28
Un demi-tourπ3,14
Un quart de tourπ/21,57

Attention

π a une infinité de décimales, sans motif qui se répète. 3,14 n'est qu'une approximation. Quand ta feuille d'exercices demande une « valeur exacte », on garde le symbole π (et les racines comme √2) sans jamais les remplacer par des nombres à virgule.

Vérifie-toi (partie 3)
  1. Un cercle a un rayon de 5 cm. Quel est son périmètre (valeur exacte, puis approchée) ?
    Réponse
    P = 2π × 5 = 10π ≈ 31,4 cm.
  2. Quelle est la longueur d'un demi-cercle de rayon 1 ?
    Réponse
    La moitié de 2π, soit π.
  3. Pourquoi écrire « π = 3,14 » est-il faux au sens strict ?
    Réponse
    Parce que 3,14 n'est qu'une approximation : π a une infinité de décimales. On écrit π ≈ 3,14.

4Le repère

4.1 Donner une adresse à chaque point

Un repère est un système qui donne à chaque point du plan une « adresse » faite de deux nombres. Tu connais déjà le principe : à la bataille navale, « B4 » désigne une case ; au cinéma, « rang 12, siège 7 » désigne un fauteuil.

Le repère a un point de départ, l'origine O, et deux axes gradués :

Le point M(3 ; 2) s'atteint en partant de O : 3 pas vers la droite, puis 2 pas vers le haut. Ces deux nombres sont les coordonnées de M. Un nombre négatif veut dire « vers la gauche » (pour x) ou « vers le bas » (pour y).

23 2 M(3 ; 2) O I J abscisses (x) ordonnées (y)
I(1 ; 0) et J(0 ; 1) marquent l'unité de longueur sur chaque axe. Les flèches rouges sont les « pas standard » du repère.

4.2 Orthonormé, et le mystère de « l'ordre est 1 »

Décompose le mot : ortho + normé.

Dans tes notes

Tu as écrit : « deux axes perpendiculaires et dont l'ordre est 1 ». Je pense fortement que ta prof a dit « dont la norme est 1 ». Les deux mots se ressemblent à l'oral, et c'est exactement le sens de « normé » : les flèches OI et OJ mesurent 1. Vérifie auprès d'elle ou d'un camarade, mais mathématiquement, c'est bien ça.

Pourquoi l'exiger ? Imagine une carte où 1 cm vaut 1 km vers l'est mais 3 km vers le nord : les distances seraient faussées, et Pythagore donnerait des résultats absurdes. Un repère orthonormé est une carte « honnête » : axes bien d'équerre, même échelle dans toutes les directions.

Et la flèche au-dessus de OI ? OI est un vecteur : pas une longueur, mais un déplacement, « aller de O jusqu'à I », avec une direction, un sens et une longueur. Écrire le repère (O, OI, OJ) revient à dire : « point de départ O ; un pas standard vers la droite ; un pas standard vers le haut ».

Enfin, « (OI, OJ) = π/2 » se lit : pour passer de la flèche OI à la flèche OJ, on tourne d'un quart de tour (π/2 radian, on verra pourquoi à la partie 6) dans le sens direct. Ce qui nous amène au point suivant.

4.3 Le sens direct

Pour tourner autour d'un point, il y a deux sens possibles. Les mathématiciens ont choisi, une fois pour toutes, lequel compte comme positif :

À retenir

Sens direct = sens positif = sens trigonométrique = sens inverse des aiguilles d'une montre (anti-horaire). Le sens des aiguilles d'une montre (horaire) est le sens indirect, ou négatif.

+ sens direct (+) anti-horaire − sens indirect (−) horaire
À gauche, on part de la droite et on monte : c'est le sens positif des mathématiciens.

Un « cercle orienté dans le sens direct » est donc un cercle sur lequel on a décidé que tourner vers le haut en partant de la droite compte positivement. Et un « repère orthonormé direct » est un repère où passer de OI à OJ se fait en tournant dans ce sens : x vers la droite, y vers le haut. C'est le repère habituel.

Image mentale

C'est comme rouler à droite : ce n'est ni plus logique ni plus naturel que rouler à gauche (les Britanniques font l'inverse), mais tout le monde doit adopter la même règle pour que ça marche. En maths, la règle est : anti-horaire = positif.

4.4 Le projeté orthogonal

Le projeté orthogonal d'un point M sur une droite d est le point H de d tel que la droite (MH) soit perpendiculaire à d. (« Orthogonal » est un synonyme savant de « perpendiculaire ».)

d MHN MN > MH
H est « l'ombre » de M sur d quand la lumière tombe à la verticale. C'est aussi le point de d le plus proche de M.

Image mentale

Le soleil est exactement au-dessus de ta tête, à midi pile. Un ballon flotte en M. Son ombre sur le sol, c'est H : le projeté orthogonal de M sur le sol. Autre façon de le voir : pour rejoindre une route par le chemin le plus court, on y va à angle droit. H est ce point d'arrivée.

Dans tes notes

H est le projeté de M sur l'axe (OI), et K son projeté sur l'axe (OJ). Si M a pour coordonnées (x ; y), alors H(x ; 0) et K(0 ; y) : projeter sur les axes, c'est lire les coordonnées. D'où OH = x et OK = y, du moins quand M est dans le quart en haut à droite, où x et y sont positifs. (Une longueur est toujours positive, une coordonnée peut être négative : on y reviendra.)

Vérifie-toi (partie 4)
  1. Où se trouve le point M(−2 ; 3) par rapport à O ?
    Réponse
    2 unités vers la gauche, 3 vers le haut.
  2. Quel est le projeté orthogonal de M(4 ; 5) sur l'axe des abscisses ? Sur l'axe des ordonnées ?
    Réponse
    (4 ; 0) sur l'axe des abscisses, (0 ; 5) sur l'axe des ordonnées.
  3. Dans le repère habituel, passer de OI à OJ, c'est tourner dans quel sens ?
    Réponse
    Anti-horaire : le sens direct.
  4. Que signifient « ortho » et « normé » ?
    Réponse
    Ortho : axes perpendiculaires. Normé : même unité de longueur (norme 1) sur les deux axes.

5Pythagore et Thalès

Les deux théorèmes les plus célèbres du collège. Un théorème, c'est une affirmation qui a été démontrée : une fois prouvée, on peut l'utiliser partout sans la redémontrer.

5.1 Rappel : carré et racine carrée

Le carré d'un nombre, c'est ce nombre multiplié par lui-même : x² = x × x. Par exemple 3² = 9 et (1/2)² = 1/4.

La racine carrée fait le chemin inverse : √a est le nombre positif dont le carré vaut a. Donc √9 = 3 et √(1/4) = 1/2. Règle utile : la racine d'une fraction, c'est la racine du haut sur la racine du bas. Ainsi √(3/4) = √3 / √4 = √3/2.

« Rationaliser » : ce que fait ta prof avec 1/√2

Par tradition, on évite de laisser une racine au dénominateur. On multiplie en haut et en bas par √2, ce qui revient à multiplier par 1 et ne change donc rien : 1/√2 = (1 × √2)/(√2 × √2) = √2/2, puisque √2 × √2 = 2. C'est le même nombre (≈ 0,707), juste écrit autrement, comme 0,5 et 1/2.

5.2 Le théorème de Pythagore

À retenir

Dans un triangle rectangle, le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Pour ABC rectangle en A : BC² = AB² + AC².

3² = 9 4² = 16 5² = 25
Un triangle rectangle de côtés 3, 4 et 5. Compte les petits carrés : 9 + 16 = 25.

La figure montre ce que l'égalité veut dire physiquement : construis un carré sur chaque côté. L'aire du grand carré (celui de l'hypoténuse) est exactement la somme des aires des deux autres. Compte les cases : 9 + 16 = 25.

À quoi ça sert ? À calculer un côté inconnu quand on connaît les deux autres. Avec des côtés de l'angle droit de 3 et 4 : hypoténuse² = 9 + 16 = 25, donc hypoténuse = √25 = 5.

Attention

Pythagore ne marche que dans un triangle rectangle. Avant de l'utiliser, vérifie toujours qu'il y a un angle droit, et repère bien l'hypoténuse : c'est elle qui est seule de son côté du signe « = ».

Une histoire

On raconte que les bâtisseurs égyptiens utilisaient une corde à 12 nœuds régulièrement espacés. En la tendant pour former un triangle de côtés 3, 4 et 5 nœuds, ils obtenaient un angle droit parfait pour leurs fondations. C'est Pythagore utilisé à l'envers : si les longueurs vérifient l'égalité, alors le triangle est rectangle.

Dans tes notes

Triangle OHM rectangle en H : l'hypoténuse est [OM], puisqu'elle est en face de l'angle droit. Pythagore donne OM² = OH² + HM².

5.3 Le théorème de Thalès

Thalès parle de triangles qui ont la même forme mais pas la même taille : l'un est un agrandissement de l'autre. On dit qu'ils sont semblables. Dans un agrandissement, toutes les longueurs sont multipliées par le même nombre : les côtés sont proportionnels.

θ O H I M T
Le petit triangle OHM (bleuté) et le grand triangle OIT (rouge) ont les mêmes angles : l'un est un agrandissement de l'autre.

À retenir

Si O, H, I sont alignés, si O, M, T sont alignés, et si (HM) est parallèle à (IT), alors : OH/OI = OM/OT = HM/IT.

Image mentale

Tu agrandis une photo pour qu'elle soit deux fois plus large : elle devient aussi deux fois plus haute, sinon les visages seraient déformés. Autre exemple : au même moment de la journée, un bâton d'1 m fait une ombre de 2 m ; un arbre dont l'ombre mesure 10 m est donc haut de 5 m. Mêmes rapports partout.

Dans tes notes

Ta prof s'en sert pour montrer que IT = tan θ. On détaillera ce calcul à la partie 7, une fois que cos et sin seront définis.

Vérifie-toi (partie 5)
  1. Un triangle rectangle a deux côtés de l'angle droit de longueur 1. Que vaut l'hypoténuse ?
    Réponse
    hypoténuse² = 1² + 1² = 2, donc hypoténuse = √2 ≈ 1,41.
  2. Pourquoi 1/√2 = √2/2 ?
    Réponse
    On multiplie en haut et en bas par √2 : on obtient √2/(√2 × √2) = √2/2. On a multiplié par √2/√2 = 1, donc la valeur ne change pas.
  3. Un triangle rectangle a une hypoténuse de 1 et un côté de 1/2. Que vaut le troisième côté ?
    Réponse
    côté² = 1 − (1/2)² = 1 − 1/4 = 3/4, donc côté = √(3/4) = √3/2. Retiens ce calcul : il revient à la partie 8.
  4. Un bâton d'1 m fait une ombre de 2 m. L'ombre d'un arbre mesure 10 m au même moment. Quelle est sa hauteur ?
    Réponse
    Les rapports sont égaux : hauteur/10 = 1/2, donc hauteur = 5 m.

6Le cercle trigonométrique et le radian

6.1 θ, la lettre thêta

θ (« thêta ») est la 8ᵉ lettre de l'alphabet grec. Par tradition, les mathématiciens nomment les angles avec des lettres grecques : α (alpha), β (bêta), θ (thêta), φ (phi). θ n'a rien de magique : c'est un nom pour « un angle quelconque », exactement comme x est un nom pour « un nombre quelconque ». Pour l'écrire à la main : un ovale barré horizontalement. (Et π, que tu connais déjà, est aussi une lettre grecque : le « p ».)

6.2 La définition

À retenir

Le cercle trigonométrique est le cercle de centre O (l'origine du repère) et de rayon 1, orienté dans le sens direct, dans un repère orthonormé direct.

Pourquoi un rayon de 1 ? Parce que multiplier ou diviser par 1 ne change rien : toutes les formules deviennent les plus simples possibles. C'est le cercle « étalon », la taille de référence.

6.3 Pourquoi son équation est x² + y² = 1 (tes notes, pas à pas)

Prends un point M(x ; y) quelconque sur le cercle, placé en haut à droite pour commencer. Voici le raisonnement de ta page 2, décomposé :

  1. On projette M : H sur l'axe horizontal, K sur l'axe vertical (partie 4.4).
  2. Le quadrilatère OHMK a trois angles droits : c'est un rectangle (partie 2.3). Donc OH = KM = x et HM = OK = y.
  3. Le triangle OHM est rectangle en H. Son hypoténuse est [OM], et OM = 1 puisque c'est un rayon.
  4. Pythagore : OH² + HM² = OM², c'est-à-dire x² + y² = 1.

Cette égalité est vraie pour tous les points du cercle, et seulement pour eux. Elle fonctionne comme un test d'appartenance, un peu comme ton password checker teste si un mot de passe passe ou non : un point est sur le cercle si et seulement si x² + y² = 1. Essai avec (0,6 ; 0,8) : 0,36 + 0,64 = 1, il passe. Avec (1 ; 1) : 1 + 1 = 2, il échoue.

Ta prof écrit aussi √(x² + y²) = 1. C'est la même chose (on a pris la racine des deux côtés) : √(x² + y²) est la distance de O à M, et elle vaut le rayon, 1.

6.4 Lire la notation ensembliste

C = { (x, y) ∈ ℝ² | x² + y² = 1 }
SymboleSe lit, ou signifie
{ … }« l'ensemble des … »
(x, y)un couple de nombres : les coordonnées d'un point
∈« appartient à »
ℝl'ensemble de tous les nombres réels : −3, 0, 1/2, √2, π… tous les nombres de la droite graduée
ℝ²tous les couples de réels, donc tous les points du plan
|« tel que »

Lecture complète : « C est l'ensemble des couples de réels (x, y) tels que x² + y² = 1 ».

Tu connais déjà cette écriture

En Python, c'est une compréhension d'ensemble : C = {(x, y) for (x, y) in plan if x**2 + y**2 == 1}. Python a emprunté cette syntaxe aux mathématiques : « l'ensemble des (x, y) du plan, tels que la condition est vraie ».

6.5 Le radian

Rappelle-toi : 360° est un choix arbitraire des Babyloniens. Les mathématiciens voulaient une unité d'angle qui vienne du cercle lui-même. Leur idée :

À retenir

On mesure un angle par la longueur de l'arc qu'il découpe sur le cercle de rayon 1. Un angle de 1 radian découpe un arc de longueur 1, égale au rayon.

1 1 arc = 1 1 rad OI 1 rad ≈ 57,3°
Un radian : l'angle pour lequel l'arc (rouge) mesure exactement un rayon (bleu).

La parabole du fil

Prends la droite graduée comme un fil souple. Pose son 0 sur le point I du cercle trigonométrique, et enroule le fil autour du cercle dans le sens direct. Chaque nombre du fil vient se poser sur un point du cercle : le nombre θ se pose sur le point M tel que l'arc de I à M mesure θ. L'angle en radians, c'est la longueur de fil enroulée.

Conséquence immédiate, grâce à la partie 3 : le tour complet mesure 2π, donc un tour = 2π radians. Un demi-tour vaut π rad, un quart de tour π/2 rad. D'où la correspondance fondamentale :

180° ⟷ π rad
Degrés30°45°60°90°180°270°360°
Radiansπ/6π/4π/3π/2π3π/22π

L'astuce de conversion

Pour passer des radians aux degrés, remplace π par 180 et calcule : π/6 devient 180/6 = 30°, et 3π/4 devient 3 × 180/4 = 135°. Dans l'autre sens, multiplie les degrés par π/180 : 120° devient 120π/180 = 2π/3.

Pourquoi s'embêter avec les radians ? Parce qu'en radians, l'angle est une longueur. Et plus tard, en analyse, les formules de dérivée de sin et cos ne sont simples qu'en radians. À l'université, on travaille donc toujours en radians.

Dans tes notes

En bas de ta page 1, la formule générale : sur un cercle de rayon R, angle (en rad) = longueur de l'arc ÷ R. Sur le cercle trigonométrique, R = 1, donc angle = longueur de l'arc. C'est le « θ = longueur arc » encadré en rouge.

Vérifie-toi (partie 6)
  1. Convertis 120° en radians.
    Réponse
    120 × π/180 = 2π/3.
  2. Convertis 3π/4 en degrés.
    Réponse
    3 × 180/4 = 135°.
  3. Le point (0,6 ; −0,8) est-il sur le cercle trigonométrique ?
    Réponse
    Oui : 0,6² + (−0,8)² = 0,36 + 0,64 = 1. Il est en bas à droite.
  4. Traduis en français : { (x, y) ∈ ℝ² | y = 2x }.
    Réponse
    L'ensemble des couples de réels (x, y) tels que y = 2x : tous les points dont l'ordonnée est le double de l'abscisse. C'est une droite.
  5. Combien de radians dans un tour complet, et pourquoi ?
    Réponse
    2π, parce que le tour du cercle de rayon 1 mesure 2π × 1 = 2π, et qu'en radians l'angle est la longueur d'arc.

7Cosinus, sinus et tangente

7.1 La définition, le cœur de tout

Place le point M sur le cercle trigonométrique à l'angle θ = (OI, OM), c'est-à-dire en enroulant une longueur θ de fil à partir de I. Alors :

À retenir

cos θ est l'abscisse de M (sa coordonnée x), et sin θ est l'ordonnée de M (sa coordonnée y). Autrement dit : M(cos θ ; sin θ).

C'est tout. Le cosinus dit de combien M est à droite (ou à gauche) du centre ; le sinus dit de combien il est en haut (ou en bas).

Image mentale

Tu montes dans une grande roue de fête foraine qui tourne dans le sens direct. Quand la roue a tourné d'un angle θ, ta hauteur par rapport à l'axe central, c'est sin θ ; ta position gauche-droite, c'est cos θ. La roue tourne, et ces deux nombres montent et descendent en permanence entre −1 et 1.

Manipule la figure : fais glisser le curseur et observe les segments bleu et rouge.

O I J M H K T
θ40° cos θ≈ 0,766 sin θ≈ 0,643 tan θ≈ 0,839
Bleu : cos θ, l'abscisse de M. Rouge : sin θ, son ordonnée. Vert : tan θ, lue sur la tangente en I (la verticale en pointillés).

Expériences à faire avec la figure : que valent cos et sin pour 0 ? Pour π/2 ? Pour π ? Quand le cosinus devient-il négatif ? Et le sinus ? Arrive-t-on à dépasser 1 ? Plus tard, tu pourras aussi t'en servir pour vérifier tes réponses à l'exercice 1, après les avoir cherchées sur papier.

7.2 Le lien avec le triangle (ce que tu as peut-être vu au collège)

Au collège, on définit cos et sin dans un triangle rectangle, par rapport à l'un de ses angles aigus :

cos = adjacenthypoténuse   sin = opposéhypoténuse   tan = opposéadjacent

Moyen mnémotechnique : CAH SOH TOA (prononce « casse-toi »). Cos = Adjacent sur Hypoténuse, Sin = Opposé sur Hypoténuse, Tan = Opposé sur Adjacent.

Dans tes notes

C'est le calcul de ta page 3. Dans le triangle OHM rectangle en H, pour l'angle θ en O : l'adjacent est OH, l'opposé est HM, l'hypoténuse est OM = 1. Donc cos θ = OH/OM = x/1 = x et sin θ = HM/OM = y/1 = y. Les deux définitions, triangle et cercle, donnent le même résultat, grâce au rayon 1.

Pourquoi l'université préfère la version « cercle » ? Parce qu'un triangle rectangle ne peut pas avoir un angle de 150° ou de −30°. Le cercle, lui, accepte tous les angles : on continue simplement d'enrouler le fil.

7.3 La tangente

On définit tan θ = sin θ / cos θ. On ne peut pas diviser par 0, donc la tangente n'existe que si cos θ ≠ 0. Elle est indéfinie en π/2 (et en 3π/2), là où M est tout en haut ou tout en bas. C'est le « X » de ton tableau.

Sa signification géométrique (le dessin de ta page 1) : trace la droite verticale qui passe par I. Elle ne touche le cercle qu'en un seul point, I : on dit qu'elle est tangente au cercle, du latin tangere, toucher. Prolonge la droite (OM) jusqu'à ce qu'elle coupe cette verticale en un point T. Alors IT = tan θ. C'est le segment vert de la figure interactive.

La démonstration avec Thalès, décortiquée

Les triangles OHM et OIT sont emboîtés (figure de la partie 5.3) : O, H, I alignés ; O, M, T alignés ; (HM) et (IT) verticales, donc parallèles. Thalès donne OH/OI = HM/IT. On remplace : OH = cos θ, OI = 1, HM = sin θ. Donc cos θ / 1 = sin θ / IT, ce qui donne IT = sin θ / cos θ = tan θ.

Image mentale

tan θ, c'est aussi la pente de la droite (OM) : de combien on monte quand on avance de 1 vers la droite, comme sur un panneau routier « pente 10 % ». À π/2, la droite est verticale : une pente infinie, un mur. La tangente n'existe plus.

7.4 La relation fondamentale

Le point M(cos θ ; sin θ) est sur le cercle, donc ses coordonnées passent le test x² + y² = 1 :

À retenir

cos²θ + sin²θ = 1  pour tout angle θ

Notation piège : cos²θ veut dire (cos θ)², le cosinus mis au carré. Pas cos(θ²). On l'écrit ainsi pour éviter les parenthèses.

À quoi ça sert ? Si tu connais l'un, tu retrouves l'autre, au signe près. Exemple : cos θ = 3/5 donne sin²θ = 1 − 9/25 = 16/25, donc sin θ = 4/5 ou −4/5, selon que M est en haut ou en bas.

Et un garde-fou : cos et sin sont toujours entre −1 et 1, puisque ce sont les coordonnées d'un point d'un cercle de rayon 1. Si tu trouves sin θ = 1,3, tu t'es trompé quelque part.

Vérifie-toi (partie 7)
  1. Pour θ = π/2, où est M ? Que valent cos θ et sin θ ?
    Réponse
    M est en J(0 ; 1), tout en haut. cos(π/2) = 0 et sin(π/2) = 1.
  2. Même question pour θ = π.
    Réponse
    Un demi-tour : M est en (−1 ; 0). cos π = −1 et sin π = 0.
  3. Donne deux raisons pour lesquelles tan(π/2) n'existe pas.
    Réponse
    Par le calcul : cos(π/2) = 0 et on ne divise pas par 0. Par le dessin : la droite (OM) est verticale, parallèle à la tangente en I, donc elle ne la coupe jamais et le point T n'existe pas.
  4. On sait que cos θ = 0,6 et que M est en haut. Que vaut sin θ ?
    Réponse
    sin²θ = 1 − 0,36 = 0,64, et M est en haut donc sin θ > 0 : sin θ = 0,8.
  5. Que signifie l'écriture cos²θ ?
    Réponse
    (cos θ)², le cosinus de θ élevé au carré.

8Les valeurs remarquables

Pour la plupart des angles, cos et sin sont des nombres à virgule sans écriture simple : il faut une calculatrice. Mais pour quelques angles « remarquables », on connaît les valeurs exactes. Elles viennent toutes de deux triangles « parfaits » : le demi-carré (le triangle rectangle isocèle, pour 45°) et le demi-triangle équilatéral (pour 30° et 60°).

x0π/6π/4π/3π/2
cos x1√3/2√2/21/20
sin x01/2√2/2√3/21
tan x0√3/31√3indéfinie
π/6π/4π/3π/20 1/2√2/2√3/21 1/2√2/2√3/21 O
Le quart de cercle en haut à droite : les cosinus se lisent sur l'axe horizontal (bleu), les sinus sur l'axe vertical (rouge).

Ta prof a écrit « à apprendre par cœur ». Oui, mais tu vas maintenant pouvoir les reconstruire si ta mémoire flanche. La mémoire est rapide ; la compréhension est ta roue de secours.

8.1 π/4 : le demi-carré

45°45° 1 aa OHIM
Le triangle OHM pour θ = π/4 : deux angles de 45°, donc deux côtés égaux (codés par un trait).
  1. M est le point du cercle à l'angle π/4 = 45°. H est son projeté sur l'axe horizontal : le triangle OHM est rectangle en H.
  2. Les angles : 90° en H, 45° en O. Le troisième, en M, vaut 180 − 90 − 45 = 45° (partie 1.5).
  3. Deux angles égaux, donc le triangle est isocèle : OH = HM. Appelons a cette longueur commune.
  4. Pythagore, avec OM = 1 : a² + a² = 1, donc 2a² = 1, donc a² = 1/2.
  5. a est une longueur, donc positive : a = √(1/2) = 1/√2 = √2/2 (rationalisation, partie 5.1).

Résultat

cos(π/4) = sin(π/4) = √2/2 ≈ 0,707, et tan(π/4) = 1.

Pourquoi « a est positive » compte : l'équation a² = 1/2 a deux solutions, √2/2 et −√2/2. On garde la positive parce qu'une longueur ne peut pas être négative. Ce genre de justification, c'est exactement ce qu'on attend de toi à l'université.

8.2 π/3 : le triangle équilatéral

60° 1 √3/2 1/21/2 OHIM
Le triangle OIM est équilatéral ; la hauteur [MH] tombe au milieu de [OI].
  1. M est le point du cercle à l'angle π/3 = 60°. On regarde le triangle OIM.
  2. OI = OM = 1 (ce sont deux rayons), donc OIM est isocèle en O.
  3. L'angle en O vaut 60°. Les deux autres sont égaux (triangle isocèle) et font ensemble 180 − 60 = 120°, donc 60° chacun.
  4. Trois angles de 60° : OIM est équilatéral, donc MI = 1 aussi.
  5. H, projeté de M sur (OI), est le pied de la hauteur issue de M. Dans un équilatéral, cette hauteur est aussi la médiatrice de [OI] (partie 2.4) : H est le milieu de [OI], donc OH = 1/2.
  6. Donc cos(π/3) = OH = 1/2.
  7. Pythagore dans OHM : HM² = OM² − OH² = 1 − 1/4 = 3/4, donc HM = √3/2. Donc sin(π/3) = √3/2.

Résultat

cos(π/3) = 1/2, sin(π/3) = √3/2 ≈ 0,866, et tan(π/3) = (√3/2) ÷ (1/2) = √3.

8.3 π/6 : ce qui manque à tes notes

Tes notes s'arrêtent sur une indication : « pour π/6, on calcule l'angle OM̂H ». Terminons.

La méthode de ta prof. Dans le triangle OHM de la figure précédente, l'angle en M vaut 180 − 90 − 60 = 30°, soit π/6. Regarde maintenant le triangle depuis cet angle de 30° : le côté adjacent est HM = √3/2, le côté opposé est OH = 1/2, l'hypoténuse est OM = 1. Avec CAH SOH TOA : cos(π/6) = √3/2 et sin(π/6) = 1/2. Le même triangle sert deux fois !

La méthode du miroir, plus visuelle :

π/6π/3 √3/21/2 1/2√3/2 miroir y = x
Le point de π/6 (vert) est le reflet du point de π/3 (bleu) dans le miroir y = x : ses coordonnées sont échangées.

Résultat

cos(π/6) = √3/2, sin(π/6) = 1/2, et tan(π/6) = (1/2) ÷ (√3/2) = 1/√3 = √3/3.

8.4 Les retenir sans les réciter

L'astuce des racines

Écris la ligne du sinus pour 0, π/6, π/4, π/3, π/2 sous cette forme : √0/2, √1/2, √2/2, √3/2, √4/2. Ça se simplifie en 0, 1/2, √2/2, √3/2, 1. Le cosinus, c'est la même ligne lue à l'envers.

Et deux vérifications de bon sens. Quand l'angle grandit de 0 à π/2, M monte (le sinus augmente de 0 à 1) et se rapproche de l'axe vertical (le cosinus diminue de 1 à 0). Et √2/2 ≈ 0,71 est bien entre 1/2 = 0,5 et √3/2 ≈ 0,87, ce qui est logique puisque π/4 est entre π/6 et π/3.

Vérifie-toi (partie 8)
  1. Sans regarder : cos et sin de π/6, π/4 et π/3.
    Réponse
    π/6 : √3/2 et 1/2. π/4 : √2/2 et √2/2. π/3 : 1/2 et √3/2.
  2. Pourquoi cos(π/3) = sin(π/6) ?
    Réponse
    C'est le même côté OH du même triangle, vu depuis ses deux angles aigus : adjacent pour l'angle de 60°, opposé pour l'angle de 30°. Autre façon : les deux points sont symétriques par rapport à la droite y = x.
  3. tan(π/4) sans calcul ?
    Réponse
    1, parce que cos(π/4) = sin(π/4) : un nombre divisé par lui-même.
  4. Dans la démonstration de π/4, pourquoi rejette-t-on −√2/2 ?
    Réponse
    a est une longueur, donc positive.

9Les fonctions trigonométriques et la périodicité

9.1 Lire « cos : [0 ; 2π[ → ℝ »

cos : [0 ; 2π[ → ℝ
x ↦ cos x
MorceauSignification
cosle nom de la fonction
[0 ; 2π[l'ensemble de départ : les nombres autorisés en entrée, ici de 0 à 2π
→ ℝl'ensemble d'arrivée : les résultats sont des nombres réels
x ↦ cos xla règle : « à x, on associe cos x ». La flèche ↦ (avec une petite barre au départ) relie un nombre à son résultat ; la flèche → relie deux ensembles.

Le sens des crochets. Dans [0 ; 2π[, le crochet de gauche est tourné vers l'intérieur : 0 est inclus. Le crochet de droite est tourné vers l'extérieur : 2π est exclu. Pourquoi exclure 2π ? Parce qu'après un tour complet, on retombe sur le point I, le même que pour 0. On ne veut pas compter ce point deux fois.

Côté Python

C'est l'équivalent d'une fonction annotée, def cos(x: float) -> float, avec une contrainte en plus sur les x acceptés. Et c'est bien une fonction au sens qu'on a vu ensemble : une entrée, une seule sortie. À chaque angle correspond un seul point M, donc un seul cosinus.

Pour la tangente, tes notes donnent tan : [0 ; π/2[ → ℝ. Le nombre π/2 est exclu parce que la tangente n'y est pas définie.

9.2 La périodicité

Périodique veut dire : qui se répète à l'identique à intervalles réguliers. La durée d'un cycle s'appelle la période. Tu vis entouré de phénomènes périodiques : les jours de la semaine (période 7 jours), les saisons (1 an), les aiguilles d'une horloge (12 heures), les battements de ton cœur.

Pour cos et sin : ajouter 2π à un angle, c'est faire un tour complet de plus. On retombe exactement sur le même point M, donc sur les mêmes coordonnées.

À retenir

Pour tout réel x : cos(x + 2π) = cos x et sin(x + 2π) = sin x. On dit que cos et sin sont 2π-périodiques. Plus généralement, cos(x + 2kπ) = cos x pour tout entier k : k tours de plus ou de moins ne changent rien.

« Prolonger par périodicité », ça veut dire quoi ? La définition de départ ne donnait cos que sur [0 ; 2π[, un seul tour. Pour le définir sur tout ℝ, on continue d'enrouler le fil : au-delà de 2π, on refait des tours ; pour les nombres négatifs, on enroule dans le sens horaire. Comme sur une horloge : 14 h, c'est la même position des aiguilles que 2 h.

Exemple : 9π/4 = 2π + π/4. On a fait un tour complet, puis encore π/4. Donc cos(9π/4) = cos(π/4) = √2/2.

une période = 2π 1−1 π2π3π4π — sin— cos
En traçant cos (bleu) et sin (rouge), on obtient des vagues qui se répètent tous les 2π. C'est la grande roue, vue de profil au fil du temps.

Pourquoi ça compte

Ces vagues sont partout. Le courant de ta prise électrique est une sinusoïde qui se répète 50 fois par seconde ; le son, les ondes radio et le Wi-Fi en sont d'autres. Et jusque dans les LLM : le modèle Transformer original repère la position de chaque mot d'une phrase à l'aide de sinus et de cosinus.

Vérifie-toi (partie 9)
  1. Simplifie sin(x + 4π).
    Réponse
    4π, c'est deux tours complets : sin(x + 4π) = sin x.
  2. Sur quel point du cercle se place 9π/4 ?
    Réponse
    Sur le même point que π/4, car 9π/4 = 2π + π/4.
  3. Dans [0 ; 2π[, le nombre 2π est-il inclus ?
    Réponse
    Non : le crochet est tourné vers l'extérieur.
  4. Donne un phénomène périodique de ta vie et sa période.
    Réponse
    Par exemple les jours de la semaine (7 jours), ou un métro qui passe toutes les 4 minutes (4 minutes).

10Au-delà de π/2 : les angles associés

Ta feuille d'exercices demande des valeurs comme cos(2π/3) ou sin(13π/6). Ces angles ne sont pas dans le tableau, mais on peut toujours se ramener à un angle du premier quart grâce aux symétries du cercle. Rien à apprendre par cœur : le dessin donne la réponse.

θπ − θπ + θ−θ cos + , sin +cos − , sin + cos − , sin −cos + , sin −
Les quatre points θ, π − θ, π + θ et −θ forment un rectangle : mêmes valeurs de cos et de sin, au signe près. Les signes dépendent du quart où l'on se trouve.

10.1 Les trois symétries

AngleSymétrie par rapport à…cossin
−θl'axe horizontalcos θ−sin θ
π − θl'axe vertical−cos θsin θ
π + θle centre O−cos θ−sin θ

10.2 La méthode en quatre étapes

  1. Réduire. Si l'angle dépasse 2π ou est négatif, ajoute ou retire des tours complets (2π) pour le ramener entre 0 et 2π.
  2. Placer le point. Exprime l'angle par rapport à π, le demi-tour. Par exemple 3π/4 = π − π/4 : un demi-tour moins un huitième de tour, en haut à gauche.
  3. Trouver le jumeau. Repère l'angle de référence du premier quart (π/6, π/4 ou π/3) qui lui est symétrique.
  4. Mettre les signes. cos est positif à droite, négatif à gauche ; sin est positif en haut, négatif en bas.

Exemples résolus

sin(3π/4) : 3π/4 = π − π/4, en haut à gauche, à la même hauteur que π/4. Donc sin(3π/4) = sin(π/4) = √2/2 (positif, on est en haut).

cos(3π/4) : même point, mais à gauche. Donc cos(3π/4) = −cos(π/4) = −√2/2.

cos(−π/3) : reflet de π/3 par rapport à l'axe horizontal, même abscisse. Donc cos(−π/3) = cos(π/3) = 1/2.

C'est l'esprit de la phrase en haut de ta page 1 : « formule algébrique → représentation graphique ». Devant chaque calcul, dessine le cercle.

10.3 Résoudre sin x = a ou cos x = a

Résoudre « sin x = a », c'est chercher tous les points du cercle dont l'ordonnée vaut a : trace la droite horizontale y = a, et regarde où elle coupe le cercle. Pour « cos x = a », trace la droite verticale x = a.

Exemple : sin x = √2/2. La droite horizontale y = √2/2 coupe le cercle en deux points : π/4 et π − π/4 = 3π/4. Dans [0 ; 2π], les solutions sont donc π/4 et 3π/4. Dans ℝ, on ajoute tous les tours possibles : x = π/4 + 2kπ ou x = 3π/4 + 2kπ, avec k ∈ ℤ (ℤ est l'ensemble des entiers relatifs : …, −2, −1, 0, 1, 2, …).

Un écho de la parabole

Tu te souviens de la parabole qui coupe l'axe en 2, 1 ou 0 points ? Même phénomène ici. Une droite horizontale coupe le cercle en deux points si −1 < a < 1, en un seul si a = 1 ou a = −1 (elle le touche tout en haut ou tout en bas), et en aucun si a > 1 ou a < −1. L'équation sin x = 2 n'a pas de solution. La géométrie explique le nombre de solutions.

Vérifie-toi (partie 10)
  1. Que vaut sin(−π/6) ?
    Réponse
    Reflet de π/6 par rapport à l'axe horizontal : sin(−π/6) = −sin(π/6) = −1/2.
  2. Que vaut cos(7π/6) ?
    Réponse
    7π/6 = π + π/6 : symétrique de π/6 par rapport au centre, en bas à gauche. cos(7π/6) = −cos(π/6) = −√3/2.
  3. Que vaut cos(3π/2) ?
    Réponse
    M est tout en bas, en (0 ; −1) : cos(3π/2) = 0.
  4. Combien de solutions a cos x = 1/2 dans [0 ; 2π[ ? Lesquelles ?
    Réponse
    La verticale x = 1/2 coupe le cercle en deux points : π/3 en haut, et son reflet −π/3 en bas, qui s'écrit 2π − π/3 = 5π/3 dans [0 ; 2π[. Deux solutions : π/3 et 5π/3.

11Relecture de tes notes : corrections et compléments

Tu as pris des notes à toute vitesse ; c'est normal qu'il y ait des trous. Voici ce que j'ai repéré en les lisant. C'est de l'écriture manuscrite : si je lis mal un passage, fie-toi à ta copie.

  1. « dont l'ordre est 1 » : très probablement « dont la norme est 1 ». Les vecteurs OI et OJ mesurent 1 (partie 4.2).
  2. Ta boîte « en résumé » de la page 3 : il me semble lire cos²θ + sin θ = 1. Le sinus aussi est au carré : cos²θ + sin²θ = 1 (partie 7.4). Ta boîte rouge juste au-dessus est correcte.
  3. Le bas de ta page 1 : les formules sur l'arc sont difficiles à relire. Retiens la version propre : angle en radians = longueur d'arc ÷ rayon ; sur le cercle trigonométrique, angle = longueur d'arc ; et x degrés × π/180 = l'angle en radians.
  4. La démonstration de π/6 s'arrête à « l'indication » : elle est complétée en partie 8.3.
  5. Dans la démonstration de π/4, l'angle noté « ÂMO » est l'angle en M du triangle OHM, qu'on écrirait plutôt OM̂H. Le raisonnement, lui, est juste.
  6. « x = OH et y = OK » n'est vrai que si M est dans le quart en haut à droite. En général, une longueur est positive alors qu'une coordonnée peut être négative. C'est justement pour ça que la définition par le cercle (cos = abscisse) est plus puissante que celle par le triangle.

12Et maintenant : ta feuille d'exercices

Franchement : tu n'as pas encore tous les outils pour toute la feuille, et c'est normal. Plusieurs exercices demandent des formules qui ne sont pas encore dans tes notes : les formules d'addition, comme cos(a + b), et de duplication, comme cos(2x). Le titre de ta partie I annonce « formules », elles arriveront sans doute au prochain cours.

Où tu en esExercices
Faisables avec ce coursEx. 1, Ex. 2, Ex. 7 (questions 1 à 3), Ex. 9 (1, 4, 5, 6), Ex. 10 (1, 2, 5), et Ex. 11 en défi (compare les aires du triangle OIM, de la « part de disque » IOM et du triangle OIT).
Avec une petite astuce en plusEx. 8 (1, 2, 3, 6 à 9) : pose X = 2x, X = x/4, etc., et résous en X d'abord. Ex. 8.5 : c'est un polynôme du second degré en cos x (ta parabole revient). Ex. 8.10 et 8.12 : utilise tan = sin/cos, et sin²x = 1 − cos²x. Ex. 9 (2, 3) et Ex. 10 (3, 6).
Attendent les formules du prochain coursEx. 3, 4, 5, 6, 7.4, 8.4, 8.11 et 10.4.

Commence par l'exercice 1, en redessinant le cercle à chaque question. Si tu bloques, reviens à la partie 10.

Avant le prochain cours, tu dois pouvoir…

Si tu coches tout ça, tu n'arriveras pas au prochain cours en recopiant sans comprendre : tu sauras d'où vient chaque ligne du tableau. Et c'est exactement le passage « calcul → raisonnement » dont on parlait avant la rentrée.

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